Wall Street : insensible aux propos outranciers de Donald Trump
information fournie par Zonebourse 06/04/2026 à 23:51
Les investisseurs hésitaient à prendre position avant que Donald Trump ne s'exprime sur le conflit (qu'il appelle "opération" et non guerre) devant les caméras du monde entier.
Il a commencé par plastronner sur le succès de l'extraction à 600 millions de Dollar de l'opérateur de tir du F-15 dans les montagnes iraniennes et il a fait une révélation au cours de sa conférence de presse : "Je n'ai jamais été aussi haut dans les sondages que depuis la capture de Maduro, je vais prendre le Venezuela dès que j'en aura fini avec l'Iran, j'apprends vite l'espagnol car je suis doué, et vais me présenter comme Président du Venezuela".
En ce qui concerne son ultimatum "avant l'enfer" repoussé à mardi, il a expliqué -toujours mot pour mot devant les caméras du monde entier- que "le jour du jugement dernier pourrait être demain : tous les ponts d'Iran et toutes les centrales énergétiques seront détruites en l'espace de 4H. Le pays entier pourrait être oblitéré en une nuit", ce qui laisse en suspens la possibilité de recourir au feu nucléaire, le seul moyen de faire disparaître un pays en "une nuit".
En marge de sa conférence de presse apocalyptique, et questionné dans les jardins de la Maison Blanche, il a également déclaré -toujours devant les caméras du monde entier- que "le bombardement des infrastructures civiles n'est pas un crime car les iraniens sont des animaux" (déclaration reprise et traduite mot pour mot).
Wall Street n'a même pas réagi négativement, ce fut même l'inverse : les investisseurs semblent adopter le principe que "tout ce qui est excessif est négligeable".
Wall Street parie donc que Trump reculera une fois de plus (si jamais d'autres rebondissements ne l'empêchent d'agir à sa guise), car ce qu'li se propose de faire au nom des Etats Unis et d'Israël constituerait le plus grand crime de guerre pour des motifs racistes assumés ("ce sont des animaux") depuis 50 ans et pourrait rendre inévitable une 3ème guerre mondiale... avant ou après le déclenchement d'une récession telle que la planète n'en a pas connu depuis 1929, liée à un effondrement énergétique global jamais observé en 150 ans.
Ce n'est probablement pas ce que souhaitent les plus grandes institutions financières de Wall Street, ni les pétromonarchies du Golfe, ni la Chine... ni les 200 pays inscrits aux Nations Unies.
Du coup soupçon de nervosité a maintenu le "VIX" en légère hausse : il affiche de 1,32% vers 24,2.
Wall Street pourrait grimper au moindre signe d'apaisement, mais si ce n'était pas le cas, ou qu'une raffinerie du Golfe soit gravement endommagée au cours des prochaines heures (c'est 3 à 4 ans de travaux pour une remise en état), ce qui amputerait la production mondiale d'un ou plusieurs millions de barils/jours, les mauvaises nouvelles auraient un effet cumulatif car les "chiffres du jour" n'étaient vraiment pas bons.
C'est même le pire case de figure possible puisque l'activité du secteur tertiaire ralentit brusquement tandis que les "prix payés" par les entreprises s'envolent brutalement, ce qui constitue un premier signe que le conflit au Moyen-Orient dope les pressions inflationnistes.
La croissance du secteur des "services" aux États-Unis chute de -2,1Pts : l'indice ISM des services est ressorti à 54,0 en mars contre 56,1 en février, alors que le consensus des économistes visait 55.
L'indice ISM des "prix payés" par les entreprises dérape de 10% en 1 mois : il grimpé à 70,7 le mois dernier contre 63,0 en février pour s'établir à son niveau le plus élevé depuis octobre 2022.
Le sous-indice des délais de livraison des fournisseurs a pour sa part progressé à 56,2, contre 53,9 en février, ce qui reflète un allongement des délais en usine qui touche déjà l'agroalimentaire (les professionnels évoquent des "retards de conteneurs") mais toute la "supply chain" qui pourrait dérailler avec des ruptures de livraisons .de composés chimiques, de microcontrôleurs et métaux raffinés en provenance de Chine.
Sans parler de la pénurie d'engrais en provenance du Golfe qui va faire flamber le prix des céréales et créer un "effet de second tour" d'ici la fin de l'été.
Le prix moyen de l'essence dans les stations-service américaines a largement dépassé les 4$ le gallon pour la première fois depuis plus de trois ans (le "WTI" a franchi les 110$, ça ne pardonne pas)... les prix du diesel et du "sans plomb Premium" flirtent avec les 6$ en Californie (environ 1,4E le litre).
Malgré cette combinaison de mauvais chiffres, le rendement des T-Bonds se détend de façon contre-intuitive avec -1,2Pt sur le "10 ans " vers 4,335% et d'autant sur le "30 ans" vers 4,894%... le "2 ans" restant stable à 3,850%
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